Guides pratiques pour vous protéger — vous, votre famille et votre entreprise — contre les arnaques liées à l'IA, les deepfakes et les nouvelles menaces cyber.
Début 2024, un collaborateur financier du cabinet d'ingénierie Arup a viré près de 25 millions de dollars en quinze opérations distinctes. L'ordre venait du directeur financier, lors d'une visioconférence de routine où figuraient plusieurs collègues. Le collaborateur avait pourtant hésité — la première demande, envoyée par courriel, lui paraissait étrange. L'appel en direct avait dissipé ses doutes : il reconnaissait les visages, il reconnaissait les voix.
Aucune des personnes présentes à cette visioconférence, lui excepté, n'était réelle.
Le cas Arup est devenu la référence en matière de fraude deepfake multi-parties. Il a surtout balayé un postulat sur lequel les entreprises s'appuyaient depuis des années : exiger une visioconférence pour confirmer une demande inhabituelle n'est plus un contrôle de sécurité. La visioconférence est devenue, à son tour, une surface d'attaque.
Trois facteurs ont rendu ce scénario industrialisable en 2024, et la tendance n'a fait que s'accentuer depuis :
La défense est ici plus procédurale que technique. Trois priorités s'imposent :
La fraude par deepfake est sortie du champ des possibilités pour entrer dans le répertoire opérationnel des escrocs. Les entreprises qui tiendront le coup ne sont pas celles qui s'équiperont d'outils de détection — ce sont celles qui auront repensé leurs processus avant l'incident.


